Les rendez-vous électoraux de mi-mandat (présidentiel) n’emballent généralement pas les électeurs. C’est particulièrement vrai dans le cas des Régionales. Le niveau de l’abstention sera-t-il important les 14 et 21 mars prochains. Et à qui profitera-t-elle ?
Les élections régionales n’ont jamais été la tasse de thé des électeurs français, qui leur préfèrent généralement les élections municipales, les législatives, mais surtout l’élection présidentielle. La tendance générale n’est donc pas franchement à la mobilisation de l’électorat.
Si bien qu’au soir du 14 mars, l’abstention pourrait jouer un rôle non-négligeable.
En 2004, des taux de participation au-delà des 60%
Il y a six ans, on annonçait une abstention record. Si cela n’a finalement pas été le cas, les taux de participation n’ont pas non plus atteint à l’époque des sommets: 60,84 % au premier tour, au niveau national, et 65,66% au second.
En région Paca, la participation avait été légèrement supérieure au national au premier tour, avec 61,32%, et équivalente au second: 65,48%. La mobilisation des électeurs était certes bien plus importante qu’en 1998, mais la situation pourrait être très différente cette année.
L’hebdomadaire Marianne rappelait fin janvier que “le bond de participation de 2004 était dû au fait qu’il s’agissait du premier scrutin depuis la présidentielle de 2002″. La volonté de sanctionner le gouvernement, expliquait alors Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion de l’institut CSA, avait donc “mobilisé la gauche“.
Or, cette fois-ci, la situation est légèrement différente dans la mesure où la politique gouvernementale est déjà passée à la moulinette électorale à deux reprises: aux municipales de 2008 et aux européennes l’an dernier. Les électeurs chercheront-ils, cette fois encore, à sanctionner Nicolas Sarkozy et ses ministres ?
A qui profitera l’abstention? Plutôt à la gauche, estimait Frédéric Dabi, directeur du département opinion chez IFOP, toujours dans l’hebdomadaire de Khan:
C’est toujours le camp en difficulté qui pâtit de l’absention.”
On vote en fonction d’enjeux régionaux
Dans l’un des derniers sondages parus (Le Figaro), 60 % des électeurs de Paca ont par ailleurs expliqué qu’ils se détermineraient en fonction d’enjeux spécifiques à la région. 36 % par contre affirmaient que leur choix se ferait “sur des enjeux nationaux”. Même tendance chez France Télévisions.
L’indication est importante. En début de campagne, Thierry Mariani, tête de liste UMP en Paca, mais également Jean-Marie Le Pen pour le FN, ont cherché à positionner le curseur sur des problématiques nationales: la sécurité, l’emploi ou l’identité nationale notamment. Ils ont également cherché à mobiliser sur la mauvaise gestion des régions socialistes.
Mais la mayonnaise n’a pas pris et depuis que les différents partis ont finalisé leurs programmes, les dossiers régionaux auraient tendance a prendre le dessus, au moins chez les candidats. “Si la campagne se fait principalement sur des critères locaux, cela favorisera plutôt le président sortant, Michel Vauzelle”, notait encore une journaliste du Figaro.
Faut-il encore que les électeurs sachent de quoi il en retourne. Le chroniqueur et journaliste Eric Dupin notait récemment que ceux-ci “ne se détermineront guère d’après des politiques régionales qu’ils peinent à juger”:
Pas plus de 25 % d’entre eux, selon une étude TNS, affirment que le “critère” principal de leur vote sera “le bilan du président de la région et de sa majorité”.
Quelle lisibilité ont-ils de l’institution régionale ? De ses compétences, de ses prérogatives ? Autre interrogation: la forte notoriété des principaux candidats – Michel Vauzelle, Jean-Marie Le Pen et dans une moindre mesure Laurence Vichnievsky et Thierry Mariani – aura-t-elle une incidence sur la mobilisation des électeurs ? Toutes ces questions “sur fond d’impopularité de Nicolas Sarkozy”, comme le rappelle encore Eric Dupin.
Enfin, au risque de subir une nouvelle Bérézina le 21 mars – ne reprendre aucune région à la gauche par exemple -, la droite, bien que tous ses candidats s’en défendent aujourd’hui, sera-t-elle tentée par un rapprochement avec l’extrême-droite, comme en 1998 à l’occasion du fameux “vendredi noir” ?
A lire également sur fini-parti:
►Les régionales en questions (4/5/): Vichnievsky est-elle politiquement compatible avec Vauzelle ?
►Les Régionales en questions (3/5): Mais où sont les projets et est-ce bien utile d’en avoir ?
►Les Régionales en questions (2/5): Mariani a-t-il le bon profil pour battre Vauzelle ?
►Les Régionales en questions (1/5): Le vote FN sera-t-il une nouvelle fois déterminant ?




Question bonus évoquée dans l’article :
“Faut-il encore que les électeurs sachent de quoi il en retourne (…) Quelle lisibilité ont-ils de l’institution régionale ? De ses compétences, de ses prérogatives ?”
Côté purement électoral je ne sais pas si ça profite à certaines listes plus qu’à d’autres, mais pour la démocratie cela me paraît bien triste… Et ce n’est pas le peu de pédagogie faite par les médias qui va changer cela.
je suis francais et fier de l’être, je suis chef d’entreprise et a ce jour je me lève tous les matins pour être harcelé par l’urssaf, l’assedic les impots j’en passe et des meilleures.Au résultat j’arrive tout juste à payer mes collaborateurs et moi je prend si les finances le permettent ce qui n’est plus le cas depuis un an…… je n’ai rien a cacher je gagne 800 euros par mois avec une femme et trois enfants, heureusement que mon épouse travaille sinon nous serions à la rue depuis longtemps…. Tout cela pour voir notre classe politique naviguée à vue ne sachant pas faire les bons choix, normal quand on connait les salaires des uns et des autres, sans compter les avantages en nature. Alors aujourd’hui on nous demande de voter POURQUOI qui le sait!!!!!!! Nous sommes dans une recession totale et on appauvrit de jour en jour le peuple francais, je dis stoppe halte là, faisons un référendum et élisons à la tête de notre gouvernement des gens qui savent ce que sait de se lever tous les matins
[...] A qui profitera l’abstention? Plutôt à la gauche, estimait Frédéric Dabi, directeur du département opinion chez IFOP, toujours dans l’hebdomadaire de Khan: C’est toujours le camp en difficulté qui pâtit de l’absention. » [...]
concernant l’abstention, j’ai une analyse a formuler, vous la commenterez à loisir:
L’abstention servira Mr Sarkozy dans sa reforme des régions, en effet, l’abstention est un signe du désintérêt des français envers la région, et justifie la reforme qu’il est en train de mettre en place………
Et voila comment retourner une défaite a son avantage….